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CROUSTIBAT, qui peut me battre ?


# Posté le dimanche 20 septembre 2009 11:30

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# Posté le samedi 05 septembre 2009 12:38

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Je suis insignifiant parmi cette horde d'hypocrites qui se poussent, se bousculent, s'écrasent. C'est incroyable ce que l'on peut remarquer chez les hommes lorsque l'on reste assis sur le trottoir à quémander ne serait-ce qu'une bouchée de pain nécessaire à la survie.
J'observe tous les jours cette femme austère qui passe devant mon vulgaire abri; sa fatuité me fascine. Ses enfants la suivent au pas et elle avance, déterminée tel un barracuda. Nul n'ose l'interrompre dans son élan nourri d'agressivité, les badauds s'écartent sur son passage. Son air narquois est souligné par un rictus malsain, le martèlement de ses hauts talons m'informe de son allure, je trésaille; son assurance est déstabilisante, elle met en avant sa supériorité en simulant une expression pédante qui n'aboutit qu'à une horrible grimace.
Elle s'est arrêtée nettement devant moi: son regard méprisant s'impose; elle crie, hurle, aboie, crache des paroles incompréhensibles. Sa grâce, malgré son impulsivité s'évanouit soudain. Elle fait part de son sentiment acerbe de dégoût à mon égard. Et, prenant des airs d'indifférence, tourne les talons avec nonchalance et se sauve aussi vite qu'elle m'est apparue, toujours suivie de son ignoble progéniture.

# Posté le jeudi 03 septembre 2009 12:24

Modifié le vendredi 18 septembre 2009 05:57

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«Dans une basse-cour, quand les poules aperçoivent un poulet taché de sang, elles fondent sur lui en rangs serrés et le lardent de coups de bec jusqu'à ce qu'il soit réduit en charpie, jusqu'à ce qu'il ne soit plus qu'une masse d'os et de plumes sanguinolente. Mais en général, il y en a toujours une ou deux que le sang éclabousse: alors, c'est à leur tour. Et puis, il y en a de nouvelles qui sont souillées et que les volailles en furie massacrent, et d'autres encore, toujours d'autres. En l'espace de quelques heures, le poulailler tout entier peut y passer, mon pote, je l'ai déjà vu. Et c'est pas beau à voir. La seule façon d'empêcher cela, chez les poules en tout cas, c'est de leur bander les yeux.»


«Le monde, mon cher, appartient aux forts. Le rituel de notre existence a pour fondement ce principe: le fort devient plus fort en dévorant le faible. Il faut voir les choses telles qu'elles sont. Il n'est que légitime qu'il en aille ainsi et nous devons apprendre à voir dans cette règle l'expression d'une loi naturelle. Le lapin accepte de tenir le rôle que prévoit pour lui le rituel et il reconnait que le loup est le plus fort. Pour se défendre, il devient timide, peureux; il fuit, creuse des terriers au fond desquels il se cache quand le loup rôde dans les parages. Et il supporte son fardeau. Il sait quelle est la place à lui assignée. Et il y a bien peu de chances pour qu'il provoque le loup. Est-ce que ce serait sage, dites moi ? Est-ce que ce serait sage ?»


Ken Kesey Vol au-dessus d'un nid de coucou

# Posté le vendredi 31 juillet 2009 14:23